Le Travail en Hauteur

>> Accueil <<

A. Qu’appelle-t-on travail en hauteur ?

Le risque de travail en hauteur s’exprime lorsqu’un intervenant travaille ou circule sur une plate forme non protégée l’exposant à une chute. Ce risque est bien entendu d’autant plus grand que la dénivellation est importante . Néanmoins, il convient de ne pas négliger les chutes de faibles hauteur et de ne pas oublier que ce risque de chute existe également dans les cas de la descente à un niveau inférieur. Les mêmes dispositions seront donc applicables lors de la montée à une hauteur supérieure à 3 m que pour la descente à un niveau bas situé à plus de 3 m.

Contrairement à certaines idées reçues, aucune disposition n’interdit le travail en hauteur, néanmoins celui-ci doit être réalisé en respectant des consignes strictes de sécurité.

La première d’entre elles impose que " toutes les plate-formes de travail, provisoires ou durables, quelque soit leur hauteur, doivent –être munies sur les côtés extérieurs :

- de garde-corps constitués par 2 lisses placées l’une à un mètre, l’autre à 45 centimètres
au dessus du plancher .

- de plinthes d’une hauteur de 15 cm au moins ".( art 144 du décret du 8 janvier 1965)

Cette disposition d’ordre général concerne aussi bien la structure du bâti ( mezzanine de stockage) que les supports provisoires de travail (échafaudage, plate-formes sur tréteaux de maçons…)

Cet article consacre le principe de la prédominance de la sécurité collective sur la sécurité individuelle.Ce n’est donc qu’en cas d’impossibilité absolue, et pour des travaux de courte durée que l’on peut faire appel aux sécurités individuelles.

B. Utilisation d’échelle

L’emploi d’une échelle est le cas classique pour lequel il est impossible d’avoir recours à une protection collective.Pour cette raison, l’utilisation des échelles fait l’objet de restrictions et de règles d’emploi.L’échelle doit tout d’abord être considérée comme un moyen d’accès. Elle ne peut donc être utilisée comme poste de travail que pour des travaux de courte durée.La notion de courte durée n’étant pas précisée, il convient de faire en sorte que celle-ci soit la plus courte possible tout en gardant à l’esprit qu’un travail de plus d’une journée nécessite l’emploi de protections collectives ( échafaudage ). La hauteur de travail, ou d’accès, pour laquelle est utilisée l’échelle, a, elle aussi , une répercussion sur les mesures de sécurité à adopter.En effet, à partir de l’instant où l’utilisateur de l’échelle a les pieds au-dessus de 3 mètres, il devra être muni d’un harnais de sécurité attaché solidement &agr; un point fixe en dehors de l’échelle.( art 5 du décret du 8 janvier 65).Dans ce cas, l’agent ne devra jamais être laissé seul sur le chantier.

C. Notions complémentaires d’utilisation d’un harnais de sécurité

Les dangers d’une chute sont consécutifs à l’énergie développée par la chute et aux obstacles rencontrés. Pour se protéger au mieux des conséquences d’une chute, il est donc nécessaire de connaître ces risques, pour prévoir les mesures à mettre en œuvre.

I. Caractérisation des dangers d’une chute

A. Energie de chute et facteur de chute

L’énergie développée se calcule de la façon suivante w = mg h. Cette énergie
s’exprime en joules ou en daN.

La limite physiologique avant lésion de la victime est de 600 daN.

Le dispositif antichute utilisé doit donc être capable à la fois de résister à l’énergie de la chute mais aussi d’absorber cette énergie afin que la personne ne soit pas blessée lors de son arrêt.

Définition du facteur de chute

Sachant que l’augmentation de l’énergie de la chute en fonction de sa hauteur varie de la même façon que la capacité d’absorption d’une longe en fonction de sa longueur, un coefficient appelé facteur de chute a été introduit pour caractériser le danger d’une chute selon ces deux données.

Le facteur de chute est le rapport entre la hauteur de chute et la longueur de la longe.

Ainsi un facteur de chute 1 correspond à une chute de la longueur de la longe. Concrètement, cela signifie qu’au moment de la chute, le centre de gravité (admis au niveau du nombril) de la personne se trouve à la hauteur de l’attache de la longe.

De la même façon, un facteur de chute 2 correspond à une hauteur de chute de hauteur égale à deux fois la longueur de la longe ; cela signifie que le centre de gravité est à une longueur de longe au dessus de l’attache de la longe.

Facteur de chute et matériels à utiliser

a. facteur de chute 0,3

Hauteur de chute = 0,3 longueur de longe. Ce facteur représente la limite d’emploi des cordes statiques.

b. facteur de chute 2

L’emploi d’une longe avec absorbeur d’énergie est indispensable.Après une chute, tout le matériel doit être changé.

c. facteur de chute 3 ; 4 et plus.

Aucun matériel n’est actuellement capable d’assurer l’arrêt de la chute dans des conditions satisfaisantes.

B. Obstacles

Les obstacles susceptibles d’être rencontrés lors d’une chute sont au dessous du point de chute mais aussi sur les côtés.En effet, si, lors de la chute, l’agent ne se situe pas dans la verticale du point d’attache de la longe, il va subir un mouvement pendulaire lorsqu’il arrivera en bout de longe. Ce mouvement peut le projeter sur les parois ou obstacles à proximité.

II. Mesures de prévention

A. Préparation du chantier

Lors de la préparation du chantier, il convient de déterminer le point d’accrochage permettant de réduire:

1- le facteur de chute en prévoyant <un point d’accrochage> le plus haut possible,

2- le pendulage ou les obstacles pouvant exister en cas de pendulage, en travaillant à la verticale du point d'accrochage.

3- la présence d’obstacle dans le plan vertical.

Pour ce dernier point, il faut considérer le vide sous le point d’accrochage sur une hauteur correspondant à la taille de la longe augmentée de l’étirement du dispositif absorbeur d’énergie.Dès la préparation du chantier, il faut prévoir un moyen de désuspension en cas de chute.En effet, une personne suspendue dans un harnais perd connaissance dans un délai de 6 à 20 min. Ceci explique aussi pourquoi une personne travaillant en hauteur ne doit pas être laissée seule sur un chantier.

B. Détermination du matériel à utiliser

Une fois le risque établi, il convient de déterminer le dispositif antichute qui répond à la situation.

Attention : le matériel utilisé doit être conforme aux normes en vigueur et être utilisé conformément aux spécifications du fabricant.

Facteur choc
Le facteur choc détermine la capacité d’absorption d’énergie du matériel.Ainsi, pour un facteur de chute 2, une longe munie d’un absorbeur d’énergie permet de rester en dessous des 600 daN au delà desquels la personne peut-être blessée.

Par contre, un câble d’acier n’absorbe pas énergie. Le choc de la chute sera intégralement supporté par l’agent. Ce système d’accrochage est donc à proscrire quel que soit le risque de chute.

Attention : la capacité d’un dispositif à absorber les chocs diminue à chaque contrainte.

Dispositifs antichute

On appelle dispositif antichute l’ensemble des éléments destinés à arrêter les chutes.

Ces éléments sont :
- les harnais,
- les cordes,
- les antichutes,
- les connecteurs,
- les ancrages.

a. Harnais

Les harnais sont soumis à la norme NF EN 361. Ils sont composés :
- d’une paire de bretelles.
- d’une paire de sangles cuissardes
- d’une sauge sous fessière
- d’un accrochage dorsal.

Ils doivent être réglables et peuvent comporter dans certains cas un accrochage ventral ou sternal.

Attention : Ces équipements sont soumis à vérification annuelle.
Ils ne doivent pas être utilisés pour des travaux en suspension.

b. Antichutes

Les antichutes font office de point d’ancrage. Leur spécificité est de permettre une plus grande liberté de manœuvre que des ancrages classiques.
Ils sont soumis à la norme EN364. Parmi eux on trouve :
- des antichutes mobiles sur rail,
- des antichutes mobiles sur cordes,
- des antichutes à enrouleur de câble ou de sangle.

Attention : il est interdit de travailler ou circuler au dessus d’un enrouleur.

c. Connecteurs.

Ils sont soumis à la norme EN 362
Parmi eux on trouve :
- des crochets auto verrouillables,
- des manucroches,
- des mousquetons.

d. Ancrages

Ils sont soumis aux normes EN795 et EN541.
Parmi eux on trouve :
- des anneaux,
- des chevilles,
- des barres d’ancrage pour fenêtre et ouverture,
- des crochets d’ancrage pour toiture,
- des sangles,
-des lignes de vie verticales ou horizontales.

Attention : la résistance d’un ancrage réalisé avec une sangle varie en fonction du nœud utilisé.

e. Cordes

Elles sont soumises à la norme EN1891. Elles sont de type statique ou dynamique

Attention : les cordes statiques ne sont pas prévues pour arrêter une chute de facteur supérieur à 0,3

f. Lot minimum d’équipement

Pour une intervention simple, le lot minimum d’équipements nécessaires pour travailler en hauteur se compose :
- d’un casque avec jugulaire,
- de chaussures de sécurité,
- d’un harnais,
- d’une longe avec absorbeur d’énergie d’une longueur de 2 m,
- de sangles d’ancrage,
- de mousquetons verrouillables ou si possible auto-verrouillables.

ALTUS
" La Villa " 70 boulevard du Perier - 06110 LE CANNET
Pour tous renseignements >> Contactez-nous << ou téléphonez-nous : 06.10.91.20.00

Copyright ® Altus - France - Tous droits réservés 2003 - 2006